Abroad: Exercice de Style sur le Temps qui Passe

Billet #1 (Fin 2007)

7h30. Gring ring..

Mon horrible reveil grince. Time to wake up. Encore une dure journee en perspective…

Cela fait maintenant sept mois que j’ai quitte la griserie parisienne pour la frenesie londonienne. Londres… un grand mot. En fait c’est plutot la campagne anglaise, perdue dans un immense campus a 1 heure de londres. Ca m’a pris du temps de m’installer, de m’adapter, de me retrouver. Du temps pour accepter un clavier qui me murmure que mes articles ne seront plus corrects en grammaire francaise. On m’avait appris que le francais n’est correct qu’avec “accent”. Un accent grave pour les mot sombres, un accent aigu pour les mots legers, un accent circonflexe, chapeau protecteur d’une fine voyelle de la bruine. Un trema quand on est timide. Je m’emmele les pinceaux avec un “q” et un “w” qui sonnent “qwerty” au lieu d’un familier “azerty”. Je trebuche dans la rue et meurs toutes les 5 minutes quand je traverse une rue a contresens. Je m’adapte, j’essaie.

Je pense a tout cela le matin quand je me regarde dans mon miroir. Il est 7h55. La lumiere est blafarde dans la salle de bain. Les oiseaux chantent et le soleil s’eveille. Feist chante dans ma chambre et je me regarde dans le miroir.

 

Billet #2 (2008)

J’ai écrit billet #1 il y a 16 mois maintenant. Sans me rendre compte que le plus dur était venir. Que les challenges, deceptions et epreuves ne faisaient que commencer.

Ces derniers temps je me prends à penser aux nomades. Ces tribus qui sillonnaient et qui sillonnent toujours le désert du sahara ou la foret amazonienne. Je me suis prise a penser aux tribus indiennes forcées par l’invasion européenne a devenir sédentaires dans des zones déterminées; des reserves.

Billet #3 (Avril 2010)

J’ai écris billet #1 il y a 30 mois maintenant. Billet #2, 14…

Quand j’imagine le temps qui passe, je pense à un ruban de soie. Je pense à une  longue mèche de cheveux blancs. Comme la mèche, le temps est diaphane, luminescent, transparent. Comme la mèche, le temps est fragile. Il peut s’arrêter, d’un coup de ciseaux, tranchant, net, sec. Le temps peut aussi être un bel amant. Intrigant, tendre, attentif. Parcimonieux mais généreux à la fois quand il dispense chance et bonheur. Je me souviens pourquoi je suis partie. Je ne suis pas sure d’avoir trouvées toutes les réponses à mes questions. Mais le temps mon amant m’a éveillée d’un baiser sur la joue ce matin. Il m’est enfin revenu. Il est enfin à mon chevet. Dans mon lit. Il m’avait tourné son dos si parfait, il y a quelques temps.

Trente mois exactement.

La Fée

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